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Dubaï 2026 : le vrai du faux sur le « 0 % d'impôt »

Valentin Chaponnay·Mis à jour le 17 juillet 2026·4 min de lecture

Dubaï fait rêver, et pour de bonnes raisons. Mais entre le fantasme et la réalité, il y a des règles précises qu'il vaut mieux connaître avant de faire ses valises. Voici l'état des lieux en 2026.

Ce qui est vrai : 0 % pour les particuliers

Commençons par la bonne nouvelle, car elle est réelle. Aux Émirats arabes unis, les résidents fiscaux ne paient aucun impôt sur le revenu des personnes physiques : ni sur les salaires, ni sur les dividendes, ni sur les plus-values mobilières ou immobilières. Le salaire brut égale le net. À cela s'ajoutent l'absence d'impôt sur la fortune (pas d'équivalent de l'IFI) et l'absence de droits de succession sur les biens situés aux Émirats. Aucune déclaration de revenus annuelle n'est requise pour les particuliers.

Pour un entrepreneur ou un cadre à hauts revenus qui s'installe vraiment, l'effet sur le pouvoir d'achat et la capacité de réinvestissement est immédiat.

Ce qu'on oublie de dire : l'impôt sur les sociétés

Le « 0 % » ne s'applique pas partout. Depuis juin 2023, les Émirats appliquent un impôt sur les sociétés (Corporate Tax) de 9 % sur les bénéfices nets dépassant 375 000 AED (environ 95 000 €). En dessous de ce seuil, le taux reste à 0 %. Les sociétés en zone franche peuvent conserver un taux de 0 % sur leurs revenus qualifiés, à condition de respecter des exigences de substance (bureaux, employés, activité réelle) et de ne pas opérer directement sur le marché local.

Pour un dirigeant qui structure son activité aux Émirats, cette nuance est décisive : le montage doit être pensé, pas improvisé.

Le vrai sujet : la substance

Voici le point sur lequel je ne transige jamais, parce que c'est là que les dossiers explosent. Le 0 % émirati ne vaut que si tu es réellement résident à Dubaï. La convention France-EAU de 1989 départage la résidence selon les critères habituels (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel). Elle ne protège jamais un montage fictif.

Un Français qui « part à Dubaï » mais garde sa famille en France, y conserve l'essentiel de ses intérêts économiques, ou y multiplie les séjours, sera requalifié résident fiscal français, avec redressement à la clé. Les Émirats délivrent un certificat de résidence fiscale (TRC), accessible dès 90 jours de présence sous conditions, plus solide à partir de 183 jours. Mais un tampon ne fait pas une résidence : ce qui compte, c'est que ta vie soit effectivement à Dubaï, et que ça se prouve.

Ce qui reste imposable en France

Même résident aux Émirats, certains revenus restent liés à la France. Les revenus fonciers d'un bien situé en France, par exemple, demeurent déclarables en France selon la convention. Sortir totalement de l'assiette française suppose de traiter chaque lien résiduel, pas seulement de changer d'adresse.

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On t'aide à bâtir un départ vers Dubaï qui tienne la route face à l'administration française : rupture de la résidence, substance, structuration de l'activité. En coordination avec un avocat fiscaliste spécialisé France-EAU.

Structurer son activité : mainland ou free zone

Pour un entrepreneur, le choix de la structure conditionne la fiscalité. Une société en zone franche (free zone) peut viser un taux de 0 % d'impôt sur les sociétés sur ses revenus qualifiés, à condition de respecter les exigences de substance et de ne pas opérer directement sur le marché local émirati (mainland). Dès qu'une activité s'exerce sur le marché domestique, le taux de 9 % au-delà de 375 000 AED s'applique.

Cette architecture demande d'être pensée en amont, avec un conseil local et un fiscaliste français. L'erreur classique est de créer une société free zone puis de facturer des clients locaux, ce qui fait perdre le bénéfice du régime. Comme toujours à Dubaï, la forme doit épouser une réalité économique, pas l'inverse.

Questions fréquentes

Dubaï, c'est vraiment 0 % d'impôt ?

Pour les particuliers, oui : ni impôt sur le revenu, ni plus-values, ni fortune, ni succession sur les biens locaux.

Y a-t-il un impôt sur les sociétés ?

Oui, 9 % sur les bénéfices nets au-delà de 375 000 AED (~95 000 €) depuis 2023 ; 0 % en dessous, et régimes spécifiques en zone franche.

Un simple visa de résidence suffit-il ?

Non. Il faut une résidence effective et une substance réelle, documentée dès le premier jour, sinon la France peut requalifier ta résidence et redresser.

Mes revenus locatifs français sont-ils exonérés ?

Non : ils restent déclarables en France selon la convention France-EAU.

Free zone ou mainland pour ma société ?

La free zone peut viser 0 % sur les revenus qualifiés, sous conditions de substance et sans activité sur le marché local ; le mainland relève du taux de 9 % au-delà du seuil.

À partir de combien de jours suis-je résident fiscal aux EAU ?

Dès 90 jours de présence sous conditions de liens avec le pays, et de façon plus robuste à partir de 183 jours, avec un certificat de résidence fiscale (TRC).

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Ce guide fait partie du dossier « Destinations & profils ».

Valentin Chaponnay, CIF & COA, ORIAS n°24004224, membre CNCGP.

Information générale, sans valeur de conseil personnalisé. Régime à jour en 2026, susceptible d'évoluer.