Portugal 2026 : la fin du NHR, place à l'IFICI
Si ton projet d'expatriation au Portugal repose sur ce que tu as lu il y a trois ans, jette ces informations. Le régime qui a fait la réputation fiscale du Portugal n'existe plus pour les nouveaux arrivants. Voici la réalité de 2026.
Ce qu'était le NHR, et pourquoi c'est fini
Le régime des résidents non habituels (NHR, ou RNH en portugais), créé en 2009, a attiré des dizaines de milliers d'expatriés, retraités et entrepreneurs. Il offrait, pendant dix ans, des exonérations larges sur les revenus de source étrangère et un taux réduit sur certains revenus locaux. Pour les retraités français, c'était une aubaine : les pensions étrangères y étaient très faiblement taxées.
Sous la pression (flambée immobilière à Lisbonne et Porto, système fiscal à deux vitesses jugé injuste pour les Portugais) le gouvernement a fermé le NHR aux nouveaux entrants fin 2024. Les bénéficiaires déjà inscrits conservent leurs droits jusqu'au terme de leurs dix ans ; les nouveaux arrivants, eux, n'y ont plus accès.
L'IFICI : le successeur, bien plus étroit
Le NHR a été remplacé par l'IFICI (Incitation fiscale à la recherche scientifique et à l'innovation), parfois appelé « NHR 2.0 ». Il conserve l'architecture (20 % sur les activités locales éligibles, exonération conditionnelle des revenus étrangers, durée de dix ans) mais resserre drastiquement l'accès.
Il ne s'adresse plus à un public général. Il vise les profils hautement qualifiés dans des secteurs stratégiques : technologies, recherche, innovation, enseignement supérieur. Il exige une substance économique : ton employeur doit avoir un véritable établissement au Portugal, les sociétés boîtes aux lettres ne suffisent pas. Un freelance travaillant uniquement pour des clients étrangers n'entre généralement pas dans le cadre. Et quiconque a déjà utilisé l'ancien NHR est exclu.
Le point qui change tout : les pensions
Voici l'information que trop de contenus périmés passent sous silence. Sous l'IFICI, les pensions et retraites étrangères ne sont plus favorisées. Elles sont imposées au barème progressif portugais de droit commun : de 12,5 % à 48 %, avec une surtaxe de solidarité au-delà de 80 000 €.
Concrètement : le retraité français qui rêvait du Portugal pour une pension quasi défiscalisée arrive vingt ans trop tard. L'époque du taux de 10 %, voire de l'exonération totale, est révolue. Le Portugal reste un beau pays où vivre ; ce n'est plus un abri fiscal pour retraités.
Ce qui reste vrai
Le Portugal conserve des atouts : qualité de vie, coût de la vie encore raisonnable hors grandes villes, appartenance à l'UE (donc sursis d'exit tax automatique côté français). Et pour un profil éligible à l'IFICI, le taux de 20 % sur l'activité et l'exonération conditionnelle des revenus étrangers restent significatifs. La condition de base demeure : résider plus de 183 jours par an sur le territoire et devenir réellement résident fiscal portugais.
On en parle chez Wealthim
On regarde si ton profil est réellement éligible à l'IFICI, et ce que ta situation donne sous le nouveau régime, pas sous l'ancien. En coordination avec le fiscaliste.
Les anciens bénéficiaires du NHR sont-ils touchés ?
Bonne nouvelle pour ceux qui étaient déjà dans la place : la réforme n'est pas rétroactive. Si tu as obtenu le statut NHR avant la fermeture, tu conserves l'intégralité de tes avantages jusqu'au terme de ta période de dix ans, aux conditions d'origine. Rien ne change pour toi. C'est uniquement pour les nouveaux arrivants que la porte s'est refermée.
Ce que ça implique pour un projet en 2026
Concrètement, si tu envisages le Portugal aujourd'hui, tu dois raisonner sous l'IFICI, pas sous le NHR. Cela veut dire vérifier ton éligibilité réelle (secteur d'activité, substance de l'employeur), et accepter que les pensions et une bonne part des revenus passifs n'y bénéficient plus du traitement de faveur d'antan. Pour un profil tech ou recherche, le Portugal reste pertinent. Pour un retraité, l'équation fiscale a fondamentalement changé, et il faut la reposer à zéro.
Questions fréquentes
Le NHR portugais existe-t-il encore ?
Plus pour les nouveaux entrants : il est fermé depuis fin 2024. Les bénéficiaires déjà inscrits gardent leurs droits jusqu'au terme de leurs dix ans.
Les pensions sont-elles encore exonérées au Portugal ?
Non. Sous l'IFICI, les pensions étrangères sont imposées au barème progressif (12,5-48 %).
Qui peut bénéficier de l'IFICI ?
Les profils qualifiés de la tech, de la recherche et de l'innovation, avec un employeur ayant une substance réelle au Portugal.
Faut-il résider combien de temps au Portugal ?
Plus de 183 jours par an sur douze mois pour être considéré comme résident fiscal portugais au sens du CIRS.
Les anciens bénéficiaires du NHR perdent-ils leurs droits ?
Non. La réforme n'est pas rétroactive : ils conservent leurs avantages jusqu'au terme de leurs dix ans.
Le Portugal reste-t-il intéressant en 2026 ?
Pour un profil tech ou recherche éligible à l'IFICI, oui, avec un taux de 20 % sur l'activité. Pour un retraité visant l'exonération des pensions, l'avantage a largement disparu.
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