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Italie : la flat tax des neo-residenti passe à 300 000 €

Valentin Chaponnay·Mis à jour le 17 juillet 2026·4 min de lecture

L'Italie a un régime fiscal taillé pour les très grandes fortunes internationales, et il vient de devenir plus cher. Voici comment fonctionne la flat tax des nouveaux résidents en 2026, et surtout à partir de quel niveau de revenus elle a un sens.

Le principe : un forfait pour tous les revenus étrangers

Le régime des neo-residenti (article 24-bis du Testo Unico, l'équivalent italien du Code des impôts) a été créé en 2017, sur le modèle du régime « non-dom » britannique. Son principe est radical : tu paies un forfait annuel libératoire qui couvre l'intégralité de tes revenus de source étrangère, quel qu'en soit le montant. Tes millions de dividendes, plus-values ou revenus locatifs étrangers sont sortis de l'assiette ordinaire italienne et remplacés par ce forfait unique.

En revanche, les revenus de source italienne (salaires d'une activité en Italie, loyers de biens italiens, dividendes de sociétés italiennes) restent imposés au barème ordinaire. Le régime dure jusqu'à quinze ans et exige de ne pas avoir été résident fiscal italien pendant neuf des dix années précédentes.

Le coût, qui a triplé en dix ans

Voici l'évolution qui change les calculs. Le forfait était de 100 000 € par an à l'origine (2017-2024). Il est passé à 200 000 € pour les entrées à compter du 10 août 2024. Et il atteint désormais 300 000 € par an pour les options exercées à compter du 1er janvier 2026 (loi de finances italienne 2026). Le complément par membre de famille rattaché a lui aussi doublé, de 25 000 € à 50 000 € par personne.

Un mécanisme important à connaître : le cliquet anti-rétroactif. Ceux qui ont opté avant une hausse conservent leur forfait figé (100 000 € ou 200 000 €) tant qu'ils restent dans le régime. C'est ce qui a provoqué une vague d'arbitrages avant chaque augmentation.

Pour qui c'est rentable, et pour qui non

La logique est arithmétique. Un forfait de 300 000 € par an devient dérisoire… si tes revenus étrangers sont très élevés. Prends un rentier avec 3 millions d'euros de revenus étrangers annuels : 300 000 €, c'est un taux effectif de 10 %. Imbattable. Mais pour quelqu'un avec 400 000 € de revenus étrangers, 300 000 € de forfait représentent 75 %, une aberration.

Ce régime n'est donc rentable qu'au-delà d'un seuil élevé de revenus étrangers. En dessous, il n'a aucun sens, et un régime de droit commun ou une autre destination sera préférable. C'est un dispositif d'ultra-hauts revenus, pas d'expatrié moyen.

Ne pas confondre avec le régime des impatriés

Attention à une confusion fréquente. L'Italie a un second régime, celui des impatriati (article 5 du décret 209/2023), qui est tout autre chose : une exonération partielle sur les revenus d'activité de source italienne, pour attirer les talents. Il ne concerne pas les revenus étrangers et vise un public différent. Les deux régimes sont régulièrement confondus, à tort.

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On calcule ton seuil de rentabilité réel avant tout : au vu de tes revenus étrangers, la flat tax italienne a-t-elle un sens ou non ? En coordination avec le fiscaliste, côté français comme italien.

Cas chiffré : à partir de quel revenu

Rien ne vaut un chiffre pour trancher. Prenons trois situations, avec le forfait 2026 à 300 000 €.

Revenus étrangers annuelsForfait 2026Taux effectif
3 000 000 €300 000 €10 % (redoutable)
1 000 000 €300 000 €30 % (l'avantage se réduit)
400 000 €300 000 €75 % (absurde)

La conclusion est nette : la flat tax italienne ne se justifie qu'au-delà d'un niveau très élevé de revenus étrangers, typiquement plusieurs millions par an. En dessous, un régime de droit commun ailleurs, ou une autre destination, sera bien plus efficace. Le calcul du seuil de rentabilité est la première chose à faire, avant même de penser au déménagement.

Questions fréquentes

Combien coûte la flat tax italienne en 2026 ?

300 000 € par an pour les options exercées à compter du 1er janvier 2026 (contre 200 000 € auparavant), plus 50 000 € par membre de famille.

Que couvre le forfait ?

Tous les revenus de source étrangère, quel qu'en soit le montant. Les revenus de source italienne restent imposés au barème.

Combien de temps dure le régime ?

Jusqu'à quinze ans, à condition de ne pas avoir été résident fiscal italien 9 des 10 années précédentes.

Pour qui est-ce rentable ?

Seulement au-delà d'un niveau élevé de revenus étrangers : à 300 000 € de forfait, il faut des revenus très importants pour que le taux effectif devienne intéressant.

Le forfait peut-il augmenter après mon entrée ?

Non : un cliquet anti-rétroactif fige ton forfait au montant en vigueur lors de ton option, tant que tu restes dans le régime.

Faut-il confondre neo-residenti et impatriati ?

Non : le régime des impatriés (art. 5 du décret 209/2023) vise les revenus d'activité de source italienne, pas les revenus étrangers. Ce sont deux dispositifs distincts.

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Ce guide fait partie du dossier « Destinations & profils ».

Valentin Chaponnay, CIF & COA (ORIAS 24004224), membre CNCGP.

Information générale, sans valeur de conseil personnalisé. Régime à jour en 2026, susceptible d'évoluer.